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Ce 12 juillet 2010 sur France 2, l’interview par le journaliste David Pujadas du Président de tous les français laisserait penser que « La France parle aux français »… Et si 60 ans plus tard, on se souvient encore des appels du Général de Gaulle, dans un français châtié, un style unique, une envie de réunir tous les français plutôt que les opposer selon leurs origines, leurs couleurs de peau, leurs religions, leurs revenus, leurs statuts de salarié ou de fonctionnaire, leurs statuts d’actif ou de retraité, d’actif ou de chômeur, leurs lieux d’habitation en ville, banlieue ou campagne, etc (désolé, mais la liste présidentielle serait trop longue et s'allongerait chaque saison un peu plus jusqu’en 2012, voire plus... Au secours !!!). Bref, si l’on se souvient de cette superbe, dans les appels du Général, on ne peut pas en dire autant des appels de l’héritier Président. En fait, il n’en restera pas grand-chose, tant ces appels sont innombrables et finissent par se dévaluer avec les années d'accumulation… en seulement 3 ans ! Ne parlons pas du phrasé comme de la grammaire, tant la pauvreté et l’approximation est grande…
Bref, la vraie nouveauté dans cette entrevue était l’absence d’Arlette Chabot : cette dernière qui préférait embrasser le candidat Nicolas Sarkozy et tendre la main à Ségolène Royale se retrouve pourtant mise au placard ! De bien mauvaises langues journalistiques rapportaient en janvier 2008 déjà (dixit L’Express ou encore Libération) qu'Arlette et Patrick Poivre d'Arvor (PPDA) ne plaisait plus au prince : « trop datés, trop mous » et surtout « trop vus sous Jacques Chirac » ! Ne parlons pas davantage de la pauvre Arlette : « pas assez glamour, pas assez divertissante... ». Un véritable réquisitoire dressé par le Président en privé ! PPDA en a déjà fait les frais. Quant à Arlette, elle n’était donc plus au chevet du Président dans cette émission et devrait perdre sa place de directrice de l’information sous peu…
Mot d'ordre élyséen: « Nous voulons des présentateurs avec qui les Français ont rendez-vous tous les soirs. » Autrement dit,
les présentateurs du 20 heures doivent-ils être aussi ceux qui servent la soupe au Président ? L'Elysée ne semble pas en revanche s'interroger sur l'anachronisme de telles déclarations :
qu'un Chef de l'Etat choisisse lui-même ses intervieweurs. Pire, les médias français semblent bien tolérer cette pratique d'un autre âge... ou d'autres régimes. Qu’aurait-on dit si
Mitterrand s’était débarrassé de ce giscardien de PPDA !? Et dire que ces deux journalistes sont de purs produits de Droite et s'aplatissent servilement devant ce Président… Seulement voilà,
cela ne suffit pas pour un Président de cet apparat : ils ont déjà « trop servi ». Oui, vous lisez bien : ce Président qui prétendait avoir voté la retraite à 60 ans un jour
pour fustiger cette même réforme un autre jour et obliger les français à prendre leur retraite au delà de 62 ans... ose expliquer en janvier 2008 qu’Arlette est trop datée à 56 ans
(elle est née un 21/07/1
951) ! De quoi attraper un sacré torticolis à tenter de comprendre les réflexions présidentielles, plus
mensongères et contradictoires les unes que les autres !!! Quant à PPDA, il avait 60 ans en janvier 2008 (il est né le 20/09/1947)… Il est débarqué prestement du 20 heures, en juillet 2008.
Travailler plus et plus longtemps...? Quelle étrange façon en tous cas de montrer l’exemple aux entreprises sur l'application de sa propre réforme des retraites. D’autant plus que les
français n’auront pas droit aux même indemnités de départ que le journaliste PPDA, c’est-à-dire 3,5 millions d'euros… Français au chômage, donc ?
Pour le reste, rien n’a changé : le Président de la République a pu sans aucune gêne, multiplier les contre-vérités ! Plus de 60 minutes de bavardage au coin d’une table et 30 mensonges ; Rien que cela !
1 contrevérité toutes les 2 minutes, si l’on débarrasse cette intervention des gazouillis du journaliste maison (accordons-lui 9 minutes…). En effet, David Pujadas s’est montré incapable d'interrompre le Président dans ses monologues ; Des monologues très bien préparé par les conseillers de l’Elysée… Enfin, si je puis dire ! Il n’a même pas relancé le Président sur ses propres questions, Nicolas Sarkozy ne se gênant pas pour éluder les interrogations fâcheuses ! Pas une fois donc, le gentil David n'a cherché à pousser le Big Boss Nicolas dans ses retranchements, ce dernier allant même jusqu’à interpeler le journaliste pour appuyer ses affirmations ! On croit rêver, tout de même…
Et comment pourrait-il en être autrement ? Le Président, outre sa fonction de président de la République française s’est octroyé la fonction de DRH de toute la télévision, des radios et de la presse… On dit qu'il songe à Pujadas dans la réorganisation de la hiérarchie télévisée. Alors, le petit David rêvant d'être élevé à de plus hautes fonctions, même quand il ne se rase pas… On pouvait prédire qu'il se ne se montrerait pas très offensif ni même impertinent avec le grand Nicolas. Lisez donc mon interview exclusive où je tentais d’imaginer la teneur de ce 12 juillet 2010… 48 heures à l’avance !
On peut légitimement se demander si les salaires de ces « présentateurs avec qui les Français ont rendez-vous tous les
soirs » ne devraient pas être pris en charge par l’Elysée plutôt que France Télévision ? Certes, il s’agira toujours de nos
impôts dans le financement de cette mascarade. Mais Nicolas Sarkozy tient à se montrer comme le Président de la rupture, celui qui met un point d’honneur à la transparence… Chiche ! Ce long
entretien est monté comme ces films de communication interne en entreprise où un salarié désigné par la direction ne pose que les questions auxquelles celle-ci est prête à répondre. Et c'est
évidemment l'entreprise mais pas le comité des fêtes de l'entreprise qui paye. Aux actes, Monsieur Le P
résident !
En tous cas, force est de reconnaître que Nicolas Sarkozy à tout de même un sacré talent, celui d'acteur. Il nous ferait presque pleurer à se faire passer pour la victime de tout et de tous ! D’autant plus que le Président, en privé si colérique, si caractériel se montre si calme, si sûr de lui lors de ces interventions… Cela dit, avec de tels « contradicteurs » !
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